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http://www.cafe-eco.fr/ - Intelligence artificielle, par Jean-Gabriel Ganascia (21 mars 2019)

Intelligence artificielle, par Jean-Gabriel Ganascia (21 mars 2019)


 

Jeudi 21 mars 2019, le matin de 7 h 45 à 10 h, 

à la Maison de l'outil et de la pensée ouvrière

(7, rue de la Trinité à Troyes)

 

Intelligence artificielle : bienfaits, méfaits, chimères

par Jean-Gabriel Ganascia 

 

 

 

L’intelligence artificielle (IA) est maintenant sortie des laboratoires. Elle fait l’objet de nombreuses applications pratiques. 

Elle constitue l’une des clés du monde à venir. Il est crucial que les entreprises et les citoyens s’y préparent.

 

Dans une interview à Science et Avenir, Jean-Gabriel Ganascia a défini l’intelligence artificielle (IA) comme « une discipline scientifique, née au milieu des années 1950, qui vise à comprendre l'intelligence humaine à travers la simulation de toutes les fonctions cognitives qui y contribuent. Elle tente de reproduire, grâce à l'informatique, notre aptitude humaine à mémoriser et apprendre, à raisonner, à utiliser un langage, après que nos organes des sens (la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher, etc.) nous ont donné une perception du monde extérieur ». 

Depuis quelques années, c’est à la fois l’accumulation d’un ensemble considérable de données numérisées et la puissance élevée atteinte par les ordinateurs qui permettent à l’IA de se développer.

De nombreuses applications pratiques de l’IA existent dans des domaines aussi divers que les moteurs de recherche sur Internet, la navigation routière, la météo, le ciblage publicitaire, la prospection électorale, l’utilisation de robots dans l’industrie ou les services, le dépistage des tumeurs cancéreuses, la reconnaissance des visages, l’analyse juridique, la détection des fraudes douanières, la lutte contre le blanchiment de capitaux ou le jeu de go, et, probablement, le traitement des données collectées dans le cadre du Grand débat. 

Pour les entreprises, l’IA constitue une nouvelle vague de numérisation. L’IA libère les salariés de tâches répétitives. Elle les rend ainsi plus productifs, ce qui contribue à la croissance économique.

Bien sûr, il existe des applications néfastes de l’IA, qu’il faut combattre. Il en a été ainsi des évolutions technologiques précédentes. 

L’IA fait aussi fantasmer, parfois sur l’avenir même de l’humanité.

De toute façon, la compétition mondiale oblige de nombreux secteurs  à se mettre à l’heure de l’IA. Il faut d’ailleurs s’attendre à ce que la formation professionnelle nécessaire, notamment pour la reconversion des personnes dont les emplois sont supprimés, soit de grande ampleur. 

L’IA bouleversera l’économie, mais également un grand nombre d’autres activités humaines. Les citoyens et leurs représentants politiques doivent donc s’y intéresser de près afin que n’en soit pris - autant que possible - que le meilleur, en étant attentif aux conséquences sur quelques sujets majeurs tels que les libertés individuelles, la démocratie, la souveraineté du pays et la juste répartition des bénéfices tirés par l’IA. 

L’IA n’est certainement pas la catastrophe annoncée par certains. Mais il faut travailler à répondre aux questions qui se posent.

Par exemple, comment assurer le comportement éthique des acteurs de l’IA : par la loi, ou par le serment (comme celui d’Hippocrate), ou par autre chose ? 

Est-il envisageable que, un jour, des machines dotées d’IA possèdent également une conscience et, ainsi, dominent l’Humanité ?

Les GAFA américains et les BATX chinois étant actuellement en tête de la course de l’IA, peut-on espérer que l’Europe obtienne bientôt au moins la médaille de bronze, ou faut-il se résigner à la vassalisation de l’Europe en ce domaine ?

Doit-on s’attendre à une crise politique majeure dans de nombreux pays à cause de l’IA, dans l’hypothèse où le développement trop rapide des applications de celle-ci entrainerait des destructions massives d’emplois, bien avant que d’autres emplois aient pu être créés ?

C’est dans des termes accessibles à tous que Jean-Gabriel Ganascia a exposé ce qu’est réellement l’intelligence artificielle, quels en sont les bienfaits attendus, les risques contre lesquels il faut se prémunir, ainsi que les inévitables fantasmes qu’elle suscite déjà. Café-éco

 

L'Est-Eclair a rendu compte de cette conférence dans un article intitulé L'IA n'a pas le sens de l'humour, accompagné d'un autre article sur l'intelligence artificielle intitulé Quand la machine apprend toute seule.

 

Pour en savoir plus après la conférence, on peut lire l’un des ouvrages publiés par Jean-Gabriel Ganascia (cités ci-après dans sa biographie), visionner sur Internet des vidéos de ses interventions, ou consulter les textes suivants (cliquer sur le titre de l’ouvrage) :

- le dernier ouvrage de Serge Soudoplatoff (conférencier au Café-éco le 25 mai 2016)

L’intelligence artificielle : l’expertise partout, accessible à tous

 - le rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

Intelligence artificielle maîtrisée, utile et démystifiée

 - le rapport de la mission confiée à Cédric Villani par le Premier ministre 

Donner un sens à l’intelligence artificielle

 - la publication de la CNIL  

Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle

 

Conférencier

 

Jean-Gabriel Ganascia

Professeur à la faculté des sciences de Sorbonne Université, président du comité d’éthique du CNRS, Membre de l’Institut universitaire de France

 

Après une formation d’ingénieur et de philosophe, Jean-Gabriel Ganascia s’est orienté vers l’informatique et l’intelligence artificielle. 

Il est titulaire d’une thèse de doctorat sur les systèmes à base de connaissance, obtenue à l’Université Paris-Sud en 1983, et d’une thèse d’Etat sur l’apprentissage symbolique, soutenue à l’Université Paris-Sud en 1987. 

Il a été nommé assistant à l’Université d’Orsay (Paris XI) en 1982, puis maître de conférence dans cette même université en 1987 et professeur à Sorbonne Université en 1988.

Il a dirigé le Diplôme d'Etudes Approfondies IARFA (Intelligence Artificielle, Reconnaissance des Formes et Applications) de 1992 à 2004. 

Il a été chargé de mission à la direction du CNRS (1988-1992), avant de créer et de diriger le programme de recherches coordonnées « Sciences cognitives » pour le compte du ministère de la recherche (1993), puis le groupement d’intérêt scientifique « Sciences de la cognition » (ministère de la recherche, CNRS, CEA, INRIA, INRETS) (1995-2000). 

Il a présidé un groupe de travail du conseil scientifique de la Défense sur le thème « renouveau de l’intelligence artificielle et défense ».

Il a coordonné, pour Sorbonne Université, le master Erasmus Mundus DMKM (Data Mining and Knowledge Management – Fouille de données et gestion de connaissances).

Il dirige l’équipe « Agents cognitifs et apprentissage symbolique automatique » (ACASA) du laboratoire d’informatique LIP6.

Il est membre du conseil pédagogique du MBA « Intelligence artificielle » de l’Institut Léonard de Vinci (Paris- La Défense).

Il est membre du conseil scientifique de l’Université de technologie de Troyes (UTT).

Il est membre de la CERNA (Commission de réflexion sur l’Éthique de la Recherche dans les sciences du Numérique d’Allistene)

Il préside le comité d’éthique du CNRS (COMETS).

 

Ouvrages

Que reste-t-il du propre de l'homme?Ouvrage collectif, Les Presses de l'ENSTA, 2012 

Voir et pouvoir : qui nous surveille? Le Pommier, 2009 

Idées reçues sur l’intelligence artificielle, Les éditions du Cavalier Bleu, 2007 

Les sciences cognitives,Le Pommier, 2006 

Gédéon ou les expériences extravagantes d’un expérimentateur en chambre,Le Pommier, 2002

L’odyssée de l’esprit, Flammarion, 1999 

Le petit trésor de l’informatique et des sciences de l’informationFlammarion, 1998 

Trésor des sciences,ouvrage collectif, Flammarion, 1997 

L'intelligence artificielle,Flammarion, 1993 

L'âme machine,Seuil, 1990 

Le mythe de la singularité : faut-il craindre l’intelligence artificielle ?Seuil, 2017 

Intelligence artificielle : vers une domination programmée,Les éditions du Cavalier Bleu, 2017

Ce matin, maman a été téléchargée, Buchet-Chastel, 2019 (sous le nom de Gabriel Naëj)