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http://www.cafe-eco.fr/ - Mondialisation et civilisation, par Emile Malet (24 janvier 2019)

Mondialisation et civilisation, par Emile Malet (24 janvier 2019)


 

 

Jeudi 24 janvier 2019, le matin de 7 h 45 à 10 h, 

à la Maison de l'outil et de la pensée ouvrière

(7, rue de la Trinité à Troyes)

 

 

La mondialisation contre la civilisation ?

par Emile Malet

 

La mondialisation – que l’on peut schématiquement définir comme la circulation mondiale des biens, des services, des personnes et de l’information – a des effets positifs : elle a sorti de la pénurie alimentaire un milliard de personnes, elle a accru le niveau de vie en Occident et elle multiple les contacts entre personnes de cultures différentes, ce qui peut contribuer à la paix.

Mais elle a des conséquences difficiles à supporter : fragilisation des emplois peu qualifiés dans les pays occidentaux, inégalités conduisant à des affrontements sociaux, atteintes à l’environnement.

Un sursaut des citoyens et des Etats est indispensable pour que soient réduits les effets déshumanisants de la mondialisation.

Une civilisation est un ensemble de valeurs intellectuelles, spirituelles ou artistiques, ainsi que de savoirs scientifiques ou techniques, qui caractérisent une société, un pays ou un groupe de pays.

La mondialisation économique stimule toutes sortes d’échanges entre les pays : non seulement dans le domaine des biens et des services, mais aussi dans celui des sciences, des arts, etc. La mondialisation fait ainsi évoluer les civilisations. Elle en enrichit certaines et en déstructure d’autres.

La mondialisation a accru la productivité. Cet accroissement a sorti de la pénurie alimentaire, en une génération, un milliard d’êtres humains. Il a aussi augmenté le niveau de vie en Occident. Il a permis que soit consacré plus de temps à l’éducation, aux sciences, aux arts et aux loisirs. La mondialisation a ainsi fait progresser des civilisations.

Malheureusement, la concurrence mondiale dans la production des biens fragilise des emplois peu qualifiés dans les pays occidentaux. Les progrès technologiques permettent à des groupes de services d’exercer de fait des monopoles au niveau mondial, ce qui conduit à des rentes injustifiées et pourrait conduire à une certaine uniformisation culturelle. La disparition du contrôle des capitaux augmente les flux financiers entre pays (avec la rapidité que permet le numérique), ce qui déstabilise certaines économies nationales.

Ces transformations économiques modifient le comportement des personnes. Dans les pays tels que le nôtre, le consommateur semble avoir pris le pas sur le citoyen. Dans son essai Défendre la civilisation face à la mondialisation, Emile Malet décrit cet « homo economicus » qui paraît « affranchi de la culture des anciens et des valeurs universelles ». La mondialisation a imposé « son plus-de-jouir, la consommation, son moins-de-cohésion, les inégalités de situation et une fluidité insaisissable de la force spéculative ». 

Il semble que l’économie de marché soit l’horizon principal de notre époque. Or le marché ne suffit pas à faire vivre les civilisations. Il faut donc un sursaut des citoyens et des Etats en vue d’une meilleure régulation de l’économie mondiale, dans le but d’en réduire les effets déshumanisants. Café-éco

 

 

Dans le supplément économique hebdomadaire de son édition du 29 janvier 2019, l'Est-Eclair publie un compte rendu de la conférence.

L'article indique notamment que le conférencier "appelle de ses voeux au retour d'une économie politique, d'une pensée qui permette d'articuler les avantages et les nuisances de la mondialisation". Il estime que ce serait "à l'Europe, forte de sa civilisation, de son modèle, d'entreprendre l'invention d'une nouvelle régulation".

 

 

Emile Malet

Directeur de la revue  Passages et du think-tank Adapes

 (Lien vers la revue et le Think tank : Passages)

Emile Malet est chroniqueur à FazAl AhramThe European

Il est journaliste pigiste pour Les EchosLe MondeLe Figaro, France Culture. 

Il est chroniqueur de politique internationale sur les Radios chrétiennes de France (RCF). 

Il est délégué général du Forum mondial du développement durable.

 

Après son doctorat en sciences économiques, il a été journaliste au Quotidien du médecin, aux Nouvelles littéraireset au Quotidien de Paris.

 

Œuvres : Socrate et la rose (1983), Adresse sur l’immigration (1987), Résistance et mémoire (1993), La Xénophobie (1994), Al-Quaïda contre le capitalisme (2004), Mobilités et vies contemporaines (2008), Le capitalisme contre le monde (2009), Défendre la civilisation face à la mondialisation (2014).